Matinale aiguille Rouge - Névache (05) - novembre 2010

 L'aurore n'était pas encore levée. En fait une pâle lueur à l'Est annonçait l'arrivée du soleil, qui la veille s'en était allé conter fleurette à d'autres terres. Mais si,matinale-aiguille-rouge5.jpg comme à l'accoutumée, il revenait ce jour darder ses rayons sur la vallée, nous avions tout de même assez de temps devant nous pour profiter encore des multiples étoiles que le sombre ciel recelait avidement.        
En altitude aucun nuage, pour une fois, ne troublait l'équilibre de ce si vaste espace, mais pourtant devant nous, sur la crête que nous allions prendre, un épais brouillard venu de l'Italie toute proche dégoulinait sans retenue de ce côté.
Notre randonnée devait nous mener sur le sommet de l'Aiguille Rouge et, montant vers le col de l'Échelle, nous disparûmes bientôt dans les vapeurs grises de cet épais nuage rampant. Si l'ambiance venteuse et tracasseuse de cette purée de pois n'était pas dénuée de mystères ni de magie, nous n'en étions pas mois déçus de nous engager dans un nuage en sachant que juste à l'extérieur, le soleil allait se lever sans nous voir sur une belle journée lumineuse.
 matinale-aiguille-rouge3.jpg Cependant, espérant bien que nous sortirions vite de là, nous poursuivîmes notre ascension. A 2000 mètres dans le brouillard, le vent, et cela au mois de novembre, il eu fait froid si nous n'avions été échauffés par l'effort, et nous ne parlions  pas, tout à plein perdus chacun dans nos pensées. Le temps passa, une heure, peut-être deux, sans que le paysage ne change vraiment. Pourtant les arbres se raréfiaient, mais comme notre vue ne portait guère à plus de quelques dizaines de mètres, rien du paysage époustouflant de cette haute altitude ne se voulait livrer. matinale-aiguille-rouge.jpg
Atteignant bientôt un col qui pourrait nous faire redescendre dans la vallée, il fut décider de ne pas poursuivre devant l'évidente inutilité de marcher bêtement dans la pénombre brumesque (j'hésitais avec brume pénombresque mais j'aimais moins la sonorité, la tenue en bouche, tout ça, quoi!), quand soudain, levant les yeux, j'aperçu le bleu du ciel entre deux lampées de nuages. Je me retournais, pour découvrir derrière un voile discret la haute montagne de l'autre côté de la vallée!! Puis zou, rideau, notre manteau de nuage se fit plus épais et tout redisparu.
 matinale-aiguille-rouge2-1.jpg Traitre soleil, j'en était sûr! il s'était quand même levé et inondait de sa lumière un paysage fantastique qui refusait de se livrer alors qu'il n'était que là! Tout proche de nous, prisonniers de seulement quelques mètres de condensation!
Cependant la vision avait eu l'effet d'un cadeau que seul ces conditions un peu désagréables avaient pu offrir. Requinqués, et en fait très encouragés, nous ne doutions plus que d'ici peu nous sortirions du nuage pour nous trouver au-dessus. 
Et en effet l'Aiguille rouge, toute illuminée, se révéla soudain alors que nous arrivions au pied de la dernière ligne droite. Ligne droite si j'ose dire, n'est-ce pas! Qu'on n'aille pas me prêter des exagérations que je n'assumerais pas! Car cette dernière ligne droite se composait d'un certain nombre de lacets sans lesquels il eu pu être plus difficile de trouver son chemin!   matinale-aiguille-rouge7.jpg
or donc, léchés par quelques gracieux rayons de soleils, entourés de chamois qui n'avaient rien à faire de nous, ou encore de quelques niverolles et autres accenteurs alpins, nous prîmes enfin notre petit déjeuner. Qui eu pu croire que je résisterais ainsi sans me goinfrer au réveil d'une demi douzaine de tranches de pain aux céréales?!
Cependant le froid était vif et la pause fut courte.
 Entre brumes et brouillards Arrivés au sommet, l'Italie au loin n'était que mer de nuages d'où saillaient d'immenses montagnes rocheuses sans verdure. Les cîmes étaient blanches, recouvertes d'un tapis de neige qui annonçait sans équivoque l'arrivée prochaine de l'hiver.
A sud, les Ecrins, avec sa Barre, sa Meije, autant d'imposantes masses couvertes de glaciers craqués qui eux aussi avaient recouvert leur habit de fin d'année. 
la plénitude de ces hautes sphères cependant, ne manquait d'être violée par le froid, et nos mains dénudées (c'est que faire des photos avec des gants de ski ça me paraît pas concevable) quémandèrent un peu de réconfort que nous ne trouverions qu'en redescendant. Ainsi soit-il.
La descente sur le versant non ennuagé fut encore l'occasion des plus beaux paysages, et nous étions de retour pour boustifailler à midi.
Aaah! Boustifaille quand tu nous tiens... Entre deux

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